Tout a commencé en mai 2024.

Les enfants de la commune, élus au Conseil Municipal des Enfants, ont émis lors d’un conseil le désir de correspondre avec les résidents du VLC. Ils désiraient « retrouver » un moyen de communication ancestral, échanger via une correspondance écrite mais surtout matérielle : la lettre.

Maîtres de leur ordre du jour et décideurs des thèmes qu’ils veulent aborder, ils ont posé aux résidents la question : « Pour vous, c’est quoi le gaspillage ? ». Vaste mais intéressante question…

Un atelier dédié a été mis en place et immédiatement les avis et opinions sur le sujet ont été collectés auprès des participants. Visiblement très inspirés par le sujet.

Tout a commencé par une énumération de mots, de synonymes puis très rapidement d’anecdotes, d’expériences puis forcément d’histoires de vie…

Quelques extraits :

« Cela se passait lorsque j’étais petite fille, il y a fort longtemps. Ma mère avait toujours des idées pour accommoder les restes. » 

 

« Le pain devenu trop dur était transformé en délicieuses tranches de « pain perdu » pour notre plus grand plaisir à l’heure du goûter. »

 

« Je ne dirai pas que la vie était meilleure autrefois, elle était différente. Les grandes surfaces n’existaient pas encore. Nous allions à la laiterie acheter le lait et la laitière remplissait notre pot au lait. A l’épicerie, les bouteilles étaient consignées, c’est-à-dire que l’on apportait une bouteille vide pour que l’épicière nous en vende une pleine. »

 

« Le gaspillage ne sert à rien ni à personne. Ne pas gaspiller, c’était tout simplement normal et ne nous demandait aucun effort. »

 

« Il n’y avait pas de restes dans les assiettes, et si nous n’avions pas fini le morceau de pain, il fallait le terminer. Pas de gaspillage !! Ce pain était acheté une fois par semaine au boulanger qui faisait sa tournée dans les campagnes. A notre époque, le pain était sacré. »

 

« Je me demande si les enfants savent d’où viennent les ingrédients pour fabriquer le pain…d’où vient la farine, la levure…. »

 

C’est avec un enthousiasme certain que les enfants ont répondu à ce premier courrier en donnant leur avis et en commentant ceux des résidents. Ils constatent qu’aujourd’hui les restes ne sont toujours pas utilisés car souvent oubliés dans une boîte hermétique stockée au frigidaire, par contre que cet équipement est une invention fantastique (que les anciens n’ont pas connu dans leur enfance).

Ils ont été intrigués et intéressés par le concept des bouteilles consignées, séduits par le lait récupéré directement à la ferme (plutôt que dans une brique achetée en grande surface) et ont jalousé avec gourmandise le fameux pain perdu !!

Désireux que cela continue, ils ont conclu leur lettre par cette question :

« Et pourquoi pas nous parler de votre école, celle quand vous étiez des enfants ? »

 

Nous avons fonctionné de manière identique. Deux temps d’échange dédiés à la collecte de témoignages où chacun.e racontait son école. Très rapidement, car le sujet était très inspirant, nous avons été en possession d’une quantité très importante d’informations, presque trop pour que ces dernières soient exploitables, lisibles, compréhensibles, pertinentes. D’abord l’écart d’âge entre les participant.es (jusqu’à 20 ans) puis les lieux de résidence : la Provence, la Bretagne, la région Parisienne, le Nord mais aussi Alger ou Oran.

Comment structurer tout ça ?

Et là, idée somptueuse d’une résidente :

« Et si on rassemblait toutes ces données en les écrivant sous forme de dialogue, type pièce de théâtre ? »

 

C’est ainsi qu’est né ce texte que vous pouvez télécharger

ICI

Puis nous avons organisé une visite au musée de l’Ecole d’Autrefois, à Monteux. Les enfants ont pu découvrir l’organisation d’une classe d’antan, l’écriture à la plume, les bureaux pupitres avec banc intégré, le boulier, et le terrible bonnet d’âne !